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12 mai 2026 / 16:07
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L´Echo Touristique
Le feuilleton Volotea continue. Alors que l’Europe dénonce l’ajout d’un supplément carburant après la vente d’un billet, le directeur France en défend toujours les avantages. Au risque de ternir encore un peu plus on image.

Les agences de voyages respirent. Bien qu’elle évite toute clarification officielle sur le sujet, Volotea renonce à sa soit-disant tarification flexible pour au moins une partie de ses partenaires commerciaux.

« Des agences branchées en API ont reçu le même message annonçant l’abandon de la surcharge post-réservation », nous confirme lundi Guillaume Beuredeley, secrétaire général adjoint des Entreprises du Voyage (EdV). Le renoncement en B2B résulterait également de considérations techniques. « La mise en œuvre effective de cette politique aurait également nécessité des développements informatiques côté agences », poursuit-il.

Dès le 2 mai, Volotea rétropédale

Un courrier adressé le 2 mai à une grande agence de voyages en ligne, consulté par L’Écho touristique, confirme le rétropédalage. Le mail intitulé « communication importante de Volotea à l’attention des partenaires » commence par une formule pompeuse. 

« Chez Volotea, nous savons que les relations commerciales solides reposent sur la confiance », assure Massimiliano Vollero, responsable du développement commercial de la compagnie espagnole. « Après avoir soigneusement examiné les retours reçus concernant les difficultés de communication et de gestion de la nouvelle « Fair Travel Promise » (FTP) de Volotea — en vigueur sur volotea.com depuis le 16 mars 2026 — au sein du canal API des OTA (agence en ligne, NDLR), nous avons décidé de ne pas étendre cette politique au canal de distribution des OTA. »

Massimiliano Vollero ajoute: « Nous remplacerons le FTP sur le canal OTA par une surtaxe temporaire équivalente appliquée au moment de l’achat sur toutes les réservations effectuées à partir du 3 mai 2026. » La compagnie s’engage par ailleurs à n’appliquer aucun supplément aux réservations confirmées avant cette date. 

Mercredi 6 mai, un grand réseau français d’agences de voyages traditionnelles a reçu le même courrier.

Selon une agence de voyages interrogée par L’Écho touristique, le FTP n’apparaît « nulle part » lors de la réservation d’un billet via Amadeus, le système informatisé utilisé par les agences de voyages. « Moins je la vends, mieux je la porte », ajoute-t-elle.

Gilles Gosselin défend le supplément post-achat

Vendredi 8 mai, l’Union européenne a tranché sur la question du supplément carburant que Volotea avait instauré en France. La pratique est effectivement illicite malgré la flambée du kérosène à cause de la guerre au Moyen-Orient, souligne Bruxelles. Les compagnies aériennes n’ont pas le droit d’ajouter un supplément carburant après l’achat d’un billet d’avion.

Toujours vendredi 8 mai, Gilles Gosselin, directeur France de Volotea, a toutefois défendu son supplément carburant sur franceinfo. Pour lui, le système s’avère « plus juste et plus transparent », a-t-il insisté, répondant aux critiques du ministre Serge Papin. 

« À ce jour, 45% de nos clients ont payé 7 euros ou moins et près de 80% des clients ont payé moins 9 euros », selon ses calculs. Ce système a été « fait sous le contrôle de cinq cabinets juridiques spécialisés en droit des consommateurs et droit du transport aérien », rétorque Gilles Gosselin.

Mais la compagnie persiste et signe en B2C

Plus tôt dans la journée, toujours sur franceinfo, le ministre du Tourisme a estimé que la surfacturation de Volotea était « illégale ». Promettant que la Répression des fraudes allait « sanctionner s’il y a des augmentations au dernier moment des billets d’avion.

Pourtant, Volotea s’obstine. Sur son site, dès la page d’accueil, la low-cost défend toujours le bienfondé de sa « Promesse de voyage équitable » (voir aussi la simulation ci-dessous). Jusqu’à quand ?

« Si les prix du carburant dépassent le niveau de référence, nous pouvons appliquer un supplément pouvant aller jusqu’à 14 € par passager et par vol. S’ils baissent, nous vous rembourserons jusqu’à ce même montant maximum. »

Pour nombre d’observateurs, cette politique tarifaire vise surtout à remonter en tête des comparateurs de prix. Et donc, ainsi, à tromper les voyageurs.

La DGCCRF réinterrogée

Constatant que Volotea n’a pas encore fait évoluer son site internet, les EDV ont réinterrogé la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) hier matin.

« Nous avons fait un signalement auprès de la DGCCRF, qui s’est ensuite engagée à vérifier les pratiques de Volotea qui nous paraissaient illégales », souligne Valérie Boned. La présidente des EDV redoutait un effet de contagion dans l’aérien. Les démarches du syndicat et les protestations d’agences ont visiblement influencé la compagnie espagnole. 

En attendant un abandon généralisé hautement probable de la surcharge carburant facturée à l’enregistrement, à l’aéroport, d’autres questions émergent. Dans quelle mesure et dans quels délais les passagers qui ont bel et bien payé un supplément obtiendront-ils un remboursement ?

Pour les équipes de la compagnie, le casse-tête ne fait que commencer. Et ce, dans une période déjà compliquée en raison de la guerre au Moyen-Orient et désormais de l’hantavirus.

 

Capture d’écran du 12 mai, lors du parcours d’achat d’un billet Paris-Turin, sur le site grand public de Volotea.

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