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Actualités / Quand visiter un site touristique coûte plus cher selon votre passeport, en France et dans le monde
Qu’ils soient américains ou brésiliens, les touristes extra-européens en France devront payer davantage que les autres pour visiter le Louvre et cinq autres lieux culturels. Le principe de la tarification différenciée existent déjà dans certains pays, dans de grands sites touristiques. Notamment en Asie et aux États-Unis.

Dès mercredi 14 janvier, les touristes hors Espace économique européen* paieront 32 euros pour découvrir le musée du Louvre. Le musée le plus visité au monde leur facturera ainsi 10 euros de plus que le prix d’entrée actuel. Ce qui représente une hausse de 45%.
Les majorations varient selon les musées et monuments, considérablement. Dès à présent, l’entrée au château de Chambord coûte 31 euros aux visiteurs lointains, soit 10 euros de plus qu’aux résidents européens. Celle du chateau de Versailles sera plus élevé de trois euros pour eux à partir de mercredi 14 janvier.
Un levier pour rénover
Selon le ministère de la Culture, cette tarification à double vitesse s’appliquera aussi cette année
à trois autres lieux en France, rappelle l’AFP: la Conciergerie, la Sainte-Chapelle, et les visites de l’Opéra Garnier.
« Je souhaite que les visiteurs hors UE paient davantage leur billet d’entrée et que ce supplément aille financer la rénovation du patrimoine national. Les Français n’ont pas vocation à payer tout, tout seuls », expliquait fin 2024 la ministre de la Culture Rachida Dati. Histoire de justifier ce qu’elle qualifiait de « vraie rupture dans la politique tarifaire ».
Parcs américains: les touristes étrangers paient plus cher
Les États-Unis ont déjà adopté une tarification différenciée: les touristes étrangers souhaitant visiter les plus célèbres parcs nationaux des États-Unis doivent s’acquitter d’un supplément pouvant atteindre 100 dollars par personne. Ainsi en a décidé Trump, à compter de cette année.
De fait, une telle mesure n’a pas vraiment d’équivalent en Europe. Parmi les rares exceptions, le Palais des Doges de Venise reste gratuit pour les habitants de la ville. Les Européens de moins de 25 ans ont droit à un tarif réduit pour l’Acropole d’Athènes ou encore le Colisée à Rome.
Des précédents dans quelques pays
Par ailleurs, des tarifs plus élevés s’appliquent aux touristes étrangers dans des lieux touristiques de pays moins riches, comme L’Echo touristique a pu le vérifier ce matin sur différents sites web officiels. Objectif: combiner l’accessibilité culturelle pour les habitants, la redistribution via le tourisme international, le financement de la conservation. La culture et le patrimoine représentent un outil assumé de politique publique et de soft power.
Au Pérou, le célèbre Machu Picchu coûte ainsi 152 soles à un visiteur étranger adulte (pour l’entrée de base), et 64 soles à un adulte péruvien.
En Inde, les touristes étrangers paient ainsi nettement plus cher (1100 roupies, soit 10 euros) que les visiteurs indiens (50 roupies, soit 0,50 euro) pour visiter le Taj Mahal et ses jardins. Une tarification intermédiaire s’applique à des ressortissants de pays asiatiques.
En Jordanie, le tarif d’entrée à Pétra atteint un dinar jordanien pour les Jordaniens. Et 50 à 90 dinars (selon la durée) pour les visiteurs étrangers de pays non arabes.
Au Cambodge, les citoyens cambodgiens bénéficient de la gratuité pour le parc archéologique d´Angkor (temples d´Angkor Wat et environs). Les étrangers, eux, déboursent 37 dollars pour une journée et 62 dollars pour deux jours.
La tarification différenciée s’applique également à l’iconique rocher du lion de Sigiriya au Sri Lanka. Les touristes français paient 35 dollars américains, alors que les locaux déboursent 120 roupies (0,33 euros).
Des recettes notamment fléchées vers le Louvre
Avec sa nouvelle politique tarifaire, la France espère générer « 20 à 30 millions d’euros » supplémentaires par an, selon les estimations du ministère de la Culture. L’argent servira notamment au chantier de rénovation du musée du Louvre à Paris, évalué à plus d’un milliard d’euros.
« Ce sera un des moyens de financement de ce projet qui accompagnera évidemment la montée du nombre de visiteurs (au Louvre, Ndlr), puisque nous viserons moins de 12 millions de visiteurs par an », contre environ 9 millions actuellement, avait expliqué Emmanuel Macron en janvier 2025. C’était à l’occasion de la présentation de ce projet, baptisé « Louvre, nouvelle renaissance ».
« Musées sous pression »
Cette différenciation fait toutefois grincer des dents au nom de « l’universalisme » des musées. Les syndicats du Louvre, engagés depuis mi-décembre dans une des plus longues grèves de l’histoire du musée, ont ainsi listé parmi leurs revendications le « renoncement à la double tarification qui foule aux pieds notre histoire républicaine et l’universalisme fondateur du musée du Louvre », selon le texte de leur préavis déposé début décembre.
Sommés d’assurer un accès au plus grand nombre tout en générant suffisamment de recettes pour leur entretien, « les musées sont sous pression », a reconnu un des comités du Conseil international des musées (Icom), une organisation représentée dans 139 pays, peu après la décision du Louvre.
*Union européenne + Islande, Liechtenstein et Norvège










