Gagnez, Apprenez et économisez !

5 février 2026 / 00:24
No Data Found

Aucune information disponible

Air France
À compter du 29 mars, Air France concentrera l’essentiel de ses opérations parisiennes à Charles-de-Gaulle. Si le basculement des liaisons ultramarines est scruté de près par la concurrence, Air France mise sur la connectivité de son hub pour y gagner des parts de marché.

Pour Anne Rigail, directrice générale du groupe Air France, c’est « un départ très symbolique ». À compter du 29 mars, Air France tournera une page de son histoire parisienne en quittant l’aéroport d’Orly pour l’essentiel de ses opérations.

À l’exception d’une base de maintenance et des liaisons vers les quatre aéroports corses, maintenues dans le cadre d’un contrat de continuité territorial opéré avec Air Corsica, la compagnie tricolore concentrera bientôt l’ensemble de ses vols sur son hub de Paris-Charles-de-Gaulle. Elle laisse à sa petite sœur à bas coûts Transavia, qui assurera désormais les « navettes » province au départ d’Orly (voir encadré), le rôle « d’opérateur de référence du groupe Air France-KLM » à Orly, d’après Anne Rigail. 

Une opportunité pour Corsair, Air Caraïbes et French Bee? 

Au-delà des lignes domestiques, la décision est surtout lourde d’impact sur les vols long-courriers vers l’Outre-mer, qu’Air France opérait en partie depuis Orly. Un nouveau schéma observé de près par la concurrence. 

Chez Corsair, ce départ est perçu comme un facteur favorable. « Clairement, cela nous laisse du champ libre et va jouer en notre faveur », estime Pascal de Izaguirre. Le directeur général de Corsair met en avant les atouts d’Orly – proximité du centre de Paris avec la ligne 14 du métro, simplicité, lisibilité, convivialité – ainsi que les investissements réalisés ces dernières années sur la plateforme. « Nous avons une clientèle qui préfère partir depuis Orly. Nous allons en profiter », souligne-t-il. Rappelant au passage que Corsair s’envole depuis Orly vers la Guadeloupe, la Martinique et La Réunion. 

Du côté du groupe Dubreuil Aéro (Air Caraïbes, French Bee), basé également à Orly avec un réseau tourné vers l’Outre-mer, le discours est plus mesuré. « On va voir à l’usage », tempère Grégory Jamet, directeur général de Dubreuil Aéro Services. « Il pourrait y avoir un impact positif, mais ce n’est pas certain. »

Un gain plus qu’un risque pour Air France 

Un risque de perdre certains clients attachés à Orly que reconnaît Air France… tout en estimant le pari largement compensé par les gains en connectivité. « En mettant tous nos vols Outre-mer à CDG, je ne peux pas dire que nous ne perdrons personne. Mais je suis convaincu que nous ne perdrons pas un point de part de marché, et que nous allons même en gagner grâce au hub », affirme Henri Hourcade, vice-président France d’Air France. 

La compagnie s’appuie sur un précédent: ses vols vers Cayenne, déjà transférée d’Orly à Roissy il y a quelques années. « Nous pensions y laisser des plumes. Et au final, nous n’avons rien perdu du tout. Nous avons largement amélioré nos flux de correspondance », poursuit Henri Hourcade. Et de souligner le poids des correspondances, qui représentent près de 40% des passagers sur les lignes ultramarines.

Selon Air France, le basculement d’un aéroport à l’autre facilite également l’apport de clientèles européennes vers les DOM, un objectif partagé par les offices de tourisme locaux.

« Les professionnels du tourisme antillais et réunionnais sont ravis de ce changement, car leur but est d’attirer les marchés étrangers. Notre hub de CDG va exactement dans ce sens », résume, confiant, Henri Hourcade, citant aussi l’arrivée dans les prochaines années du CDG Express comme un point fort de la nouvelle stratégie. 

Un recentrage stratégique assumé

Plus globalement, le retrait d’Orly s’inscrit pour Air France dans une logique de rationalisation des opérations engagée depuis la crise sanitaire. « Depuis le Covid, la demande affaires sur les navettes s’est effondrée », décrypte enfin Henri Hourcade. En cause: l’essor du TGV, la généralisation de la visioconférence et la pression environnementale croissante sur les déplacements professionnels.

La compagnie a ainsi choisi de concentrer ses moyens sur Charles-de-Gaulle, en renforçant ses fréquences domestiques au départ du hub: jusqu’à 12 vols quotidiens vers Nice et Toulouse, et 10 vers Marseille, avec un produit jugé « de très haute qualité » pour le point-à-point comme pour la correspondance. Un pari dans tous les cas très assumé par la compagnie nationale. Que ce soit sur le domestique ou vers l’Outre-mer: « ce n’est pas du tout le plan de remettre des vols Air France à Orly dans le futur », tranche son vice-président France. 


La nouvelle offre domestique de Transavia à Paris-Orly

À compter du 29 mars 2026, Transavia France deviendra l’opérateur de référence du groupe Air France-KLM à Paris-Orly. La compagnie low cost y renforcera son réseau domestique avec:

  • Paris-Orly/Nice: jusqu’à 8 vols par jour
  • Paris-Orly/Toulouse: jusqu’à 8 vols par jour
  • Paris-Orly/Marseille: jusqu’à 2 vols par jour

« Cette offre, complémentaire à celle d’Air France depuis Paris-Charles de Gaulle, s’accompagnera d’évolutions produits pensées pour mieux répondre aux attentes de ses clients: départ priorisé au contact au niveau de la porte 2C pour un parcours aéroportuaire simplifié, flexibilité renforcée pour la modification des billets et ouverture d’un salon dédié à Orly », détaille la compagnie dans un communiqué.

Orly sans Air France : cadeau à la concurrence ou stratégie gagnante ?

Févr. 03, 2026

Derniers Articles

Souscrivez à notre newsletter