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16 février 2026 / 05:07
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100 ans de la Route 66 : aux confins de l’American Dream
La Route 66 a 100 ans, mais fait toujours aussi jeune. Partout, dans les huit États américains qu’elle traverse, on s’affaire à commémorer celle qu’on nomma autrefois la « Main Street of America » – tout en faisant dialoguer cet anniversaire avec les exigences actuelles… et futures.

Dans « Les raisins de la colère », John Steinbeck la renomme « Mother Road » (La route mère). « 66… Le long ruban de ciment qui traverse tout le pays, ondule doucement sur la carte, du Mississipi jusqu’à Bakersfield », souligne-t-il en 1939, alors que la route n’a alors que 13 ans. « À travers les terres rouges et les terres grises, serpente dans les montagnes, traverse la ligne de partage des eaux, descend dans le désert terrible et lumineux d’où il ressort pour de nouveau gravir les montagnes avant de pénétrer dans les riches vallées de Californie. »

L’histoire débute en 1857. Le lieutenant Edward Beale et sa caravane s’élancent vers l’Ouest américain. L’explorateur est alors chargé par le gouvernement de tracer une route le long du 35e parallèle. Ce sont les prémices de la célèbre Route 66, qui verra le jour en 1916, sous le joug de Woodrow Wilson, créateur du réseau routier moderne des États-Unis. À l’époque, les routes allant de l’est à l’ouest du pays portent un numéro pair – initialement nommée U.S. 60, la Chicago-Los Angeles devient la Route 66 en novembre 1926.

« Le premier tournant dans l’histoire de la Route 66 est la création de l’Association US Highway 66, au printemps 1927, nous explique Jim Hinckley, auteur, conférencier et historien américain spécialisé dans la Route 66. Cyrus Avery avait mené sa création, afin de faire paver l’autoroute d’un bout à l’autre et promouvoir le tourisme. L’association a eu un impact énorme. » La route ne sera entièrement revêtue qu’en 1938 – et les chantiers qui ponctuent ses 8 États et 3 940 kilomètres sont alors vecteurs d’emplois, pendant que les États-Unis traversent la « Grande Dépression ». Elle devient rapidement le symbole d’une vie meilleure, notamment pour les victimes du « Dust Bowl », une série de tempêtes de poussière qui rendent stériles des milliers d’hectares au sud du pays. Les Américains l’empruntent alors pour rejoindre les terres plus fertiles de l’Ouest américain.

Get your kicks on Route 66

Durant la Seconde Guerre mondiale, la Route 66 sert à transporter du matériel et des troupes militaires. Mais, à son lendemain, le boom économique la transforme en « route des vacances » – Nat King Cole chante « Get your kicks on Route 66 / It winds from Chicago to LA / More than two thousand miles all the way » (« Prends ton pied sur la Route 66 / Elle serpente de Chicago à L.A. / Plus de deux mille miles d’un bout à l’autre »). Et les vacances sont déjà sur la route : essaiment, de part et d’autre de la « Mother Road », diners, stations-services, attractions touristiques et commerces en tout genre. C’est à cette époque que naît le mot « motel », contraction de « Motorist Hotel ». « C’est là qu’elle est devenue la Main Street of America », résume Jim Hinckley.

C’est aussi à cette époque que l’on commence à donner à la Route 66 un autre surnom – « Bloody 66 », en référence aux embouteillages qui s’accumulent sur ses deux voies, mais également aux nombreux accidents à ses intersections. Alors, en 1956, le gouvernement fédéral lance un nouveau projet d’autoroutes, le « Interstate Highway System ». Les États-Unis se dotent d’un véritable réseau autoroutier et, petit à petit, la Route 66 devient désuète. Des autoroutes plus modernes lui succèdent. La nouvelle Interstate 40 la remplace sur la majorité de son itinéraire. En 1985, la Mother Road est officiellement déclassée.

[SAGA] 100 ans de la Route 66 : aux confins de l'American Dream

Déc. 31, 2025

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