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28 janvier 2026 / 23:26
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Lors de ses vœux 2026, la Fnam a déploré une sous-performance du marché français, pénalisé par la fiscalité face à un trafic mondial en plein essor.

Alors que le transport aérien mondial célèbre des résultats historiques, le secteur français affiche une mine plus sombre. Lors de la traditionnelle conférence de presse des vœux de la Fédération Nationale de l’Aviation et de son Métier (Fnam), son président, Pascal de Izaguirre, a souligné un paradoxe frappant: d’un côté, une année 2025 exceptionnelle à l’échelle du globe, avec 5 milliards de passagers et un chiffre d’affaires dépassant les 1 000 milliards de dollars; de l’autre, une France qui « sous-performe par rapport à la moyenne européenne ».

Sempiternel décrochage français

Le constat de la Fnam est absolu: la croissance du trafic en France en 2025 est restée inférieure de plus de deux points à celle de l’Europe. Un ralentissement qui s’explique en grande partie par ce que Pascal de Izaguirre appelle les « ruptures » introduites par la hausse massive de la fiscalité en 2025, représentant un surcoût de 1,33 milliard d’euros pour le secteur.

Selon la Fédération, cette pression fiscale ne pèse pas seulement sur les finances des compagnies, elle modifie la structure même du marché. Le président de la Fnam s’inquiète de voir des compagnies étrangères se désengager de l’Hexagone: « Cette pénalisation se traduit par des choix d’allocation de capacité offertes au détriment du marché français et en faveur d’autres marchés européens qui n’ont pas les mêmes pratiques fiscales ». En conséquence, la France est passée de la 4e à la 6e place des marchés européens en termes d’offre durant l’été 2025.

« C’est un problème qui risque d’handicaper la croissance du secteur »

Le « malaise français » déploré par l’organisation est particulièrement visible sur le réseau intérieur. Si le trafic international progresse, le trafic domestique métropolitain a plongé, en 2025, de 21% par rapport à 2019 – et de 30% sur les lignes radiales. Pascal de Izaguirre note ainsi avec amertume que le trafic sur les lignes transversales est revenu à son niveau de 2015.

À ces difficultés structurelles s’ajoutent des tensions logistiques mondiales qui handicapent la reprise: les constructeurs comme Airbus et Boeing peinent à retrouver leurs cadences de production de 2019, allongeant les délais de livraison et asséchant le marché de l’occasion. « C’est un problème qui risque d’handicaper la croissance du secteur aérien », prévient le président.

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Aux vœux de la Fnam, ce mardi 27 janvier. © ELH

« Stratégie nationale » et baisse de la TSBA

Face à ce contexte, la Fnam ne cache ne cache pas ses attentes envers les pouvoirs publics. La priorité « absolue » du secteur reste l’accompagnement de la transition écologique, notamment via le développement d’une filière française de carburants aéronautiques durables (SAF), dont les moyens de financement sont actuellement jugés « très insuffisants ». Pascal de Izaguirre plaide également pour une équité de concurrence internationale, réclamant des mécanismes de protection contre les distorsions de concurrence aux frontières de l’Europe.

Pour sortir de l’instabilité législative – le président n’a pas manqué de rappeler qu’« on est toujours à la merci d’un amendement voté à 3 heures du matin par 4 députés dans un hémicycle vide » – la Fédération appelle de ses vœux une vision de long terme. Évoquant les échéances politiques de 2027, Pascal de Izaguirre espère ainsi « une stratégie nationale pour le transport aérien français ».

Mais au-delà d’une simple stabilisation, la Fnam réclame également une réduction nette de la fiscalité, et en particulier de la TSBA, dont l’augmentation avait irrité le secteur, pour redonner de la compétitivité au pavillon français. Pascal de Izaguirre s’appuie sur les exemples de voisins européens ayant déjà amorcé ce virage, à l´image des gouvernements conservateurs en Suède ou en Allemagne. La Fédération souhaiterait également que la France s’inspire de « nations touristiques majeures » comme l’Espagne et l’Italie, qui maintiennent des politiques bien plus « prudentes » pour ne pas compromettre leur attractivité. Et le président de s’interroger : « Si d’autres le font, pourquoi pas nous? »

Trafic aérien mondial : la Fnam s'alarme d'une France qui « sous-performe »

Janv. 27, 2026

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